Comment les aînés et les jeunes peuvent-ils apprendre les uns des autres? 

 

 25 août 2020

La pandémie nous a fait ouvrir les yeux concernant la triste réalité que subissent nos aînés dans les CHSLD. L’ensemble du Québec est encore sous le choc et endeuillé. L’important maintenant est de passer à l’action. Alors, comment peut-on éviter que cette réalité déchirante se reproduise ?  Devrait-on garder nos aînés plus longtemps dans le confort de leur chaumière en misant sur les soins à domicile ? Sinon, devrait-on leur assurer une meilleure qualité de vie en instaurant des aménagements multigénérationnels ?

 

Selon l’Institut canadien d’informations sur la santé, « la plupart des personnes âgées au Canada désirent rester chez elles aussi longtemps que possible ».  On peut comprendre que pour certains c’est difficile, puisqu’ils n’ont pas les moyens nécessaires ou l’autonomie pour rester chez eux.  Pourtant, ils auraient une meilleure qualité de vie, puisqu’ils ne seraient pas dépaysés et ils auraient plus de repères.  En restant chez eux, ils auraient pu recevoir la visite de leur proche en suivant les recommandations sanitaires de l’Institut national de santé publique du Québec.  Celle-ci précise qu’il y a un manque de service pour combler le besoin.  Pourtant, avec la campagne d’embauche de préposés aux bénéficiaires, Québec a reçu 87 058 demandes d’inscription. L’État pourrait assurer à l’avenir une plus grande place aux soins à domicile, puisqu’il a maintenant les ressources humaines nécessaires pour s’occuper des plus vulnérables. De plus, en associant un proche aidant à une personne âgée qui est dans la solitude, on parvient à créer un lien important entre les deux, puisque le préposé aux bénéficiaires passerait du temps à préparer les repas et à garder la maison propre.  

 

Une autre solution se trouve dans les établissements intergénérationnels. En misant sur des foyers accueillants composés à la fois de plus jeunes et de personnes plus âgées, nous pourrions repenser à une manière de rehausser la qualité de vie de nos aînés. Dans ces centres, il faudrait miser sur le bien collectif et l’apprentissage intergénérationnel. D’une part, la nouvelle génération pourrait assister la plus vieille en ce qui concerne certaines réalités de notre époque comme l’avènement du numérique et l’importance de la conscience écocitoyenne. D’autre part, les aînés pourraient partager leur savoir et leurs expériences vécues qui ont forgé leur jeunesse. Chacun apprendrait par rapport à l’époque de l’autre et une meilleure compréhension de l’autre s’installerait. Cela brisera la vie monotone et solitaire des aînés séjournant dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée et affaiblirait considérablement l’âgisme dans notre société. 

 

Il faut traiter nos aînés avec le plus grand respect, car ils ont contribué toute leur vie à créer le Québec d’aujourd’hui. Dans chaque grand-père et dans chaque grand-mère se trouve une histoire unique qui vaut la peine d’être entendue.  Ils ont tellement plus à nous apprendre que nous le pensons et nous nous devons collectivement de faire un effort pour prendre soin de ces encyclopédies qui ont su avec le temps mériter leur dignité.

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