Quel est l’avenir de Télé-Québec?

 

 28 août 2020

Depuis son élection en octobre 2018, le gouvernement de François Legault multiplie les gestes à saveur nationaliste et tente de se montrer décomplexé sur une panoplie d’enjeux qui semblaient mis au rancart depuis plusieurs années par les précédents gouvernements libéraux : Francisation des immigrants, laïcité, relations intergouvernementales revendicatrices, sans oublier le dossier de la protection de la langue française, dans lequel le ministre Simon Jolin-Barrette nous livrera son plan sous peu. 

La culture comme composante essentielle du nationalisme québécois

Aujourd’hui, le gouvernement se devra d’intégrer une autre facette à son plan pour redonner la fierté aux Québécois et Québécoises : la culture. En effet, une nation doit pouvoir être fière de sa langue, de son territoire et de sa culture. Mais pour être fier de sa culture, encore faut-il la connaître et la voir s’épanouir. Alors que nous assistons à la mondialisation du marché de la culture avec les géants de la distribution du divertissement (principalement américains), tels que Spotify, Netflix ou Amazon Prime, les Québécois sont en droit de se demander quel est le plan pour sauvegarder et promouvoir nos artistes, notre culture et notre patrimoine. 

Et si je vous disais que le Québec s’est déjà doté d’un outil dont la mission correspond à ces aspirations. Et si je vous disais que cet outil, c’est Télé-Québec. 

Une mission à reconsidérer pour Télé-Québec

Télé-Québec a d’abord été créée afin de présenter sur ses ondes du contenu éducatif, ayant pour objet le patrimoine québécois, la culture, les enjeux de société ainsi que l’éducation économique et sociale de ses téléspectateurs. Or, à l’exclusion des émissions jeunesse, dont la qualité est à souligner, il est maintenant clair qu’une vaste partie de la programmation de Télé-Québec est consacrée à l’art de vivre ainsi qu’à des émissions d’intérêt social, des reprises de documentaires et d’émissions américaines. 

Sans prétendre que la mission de Télé-Québec est complètement désincarnée, il serait peut-être temps pour notre gouvernement de se concerter avec Télé-Québec et si nécessaire, de revoir les crédits budgétaires lui étant alloués, afin que le Québec puisse se doter d’une télé d’État digne du 21e siècle. 

Une télé d’État moderne et à la hauteur de nos aspirations

Alors que les plateformes de diffusion pleuvent et que leur succès est éprouvé chez nous, entre autres avec la plateforme Tou.tv, présentée par Radio-Canada, il est temps pour Télé-Québec de se tourner vers cette avenue afin de rendre plus de contenu disponible aux Québécois et Québécoises.

Il est indéniable, les abonnements au câble ne cessent de diminuer chez les ménages québécois. Télé-Québec doit donc être en mesure de saisir cette opportunité et offrir du contenu varié et même exclusif, afin d’attirer une plus grande affluence de visites sur une plateforme de visionnement plus centralisée. 

Le contenant, mais aussi le contenu

La mission de Télé-Québec se doit aussi d’être revisitée par son offre télévisuelle. À la simple vue de la grille horaire et des différentes émissions et documentaires disponibles sur le site Internet, on peut rapidement constater que très peu d’émissions traitent directement ou indirectement d’histoire, de patrimoine et même de culture. Pourtant, une bonne connaissance de son histoire nationale est un élément charnière de la citoyenneté québécoise. Ainsi, si notre gouvernement souhaite être cohérent dans sa démarche nationaliste, un effort devra être mené de concert avec Télé-Québec afin de mettre sur pieds une programmation reflétant davantage la richesse du Québec et de son histoire.

Un téléjournal à Télé-Québec

Une des choses que nous aura démontré la pandémie COVID-19, c’est l’importance vitale que peut revêtir l’information neutre et de qualité. Que ce soit pour faire le point auprès de la population ou rectifier certains faits, un téléjournal du soir à Télé-Québec pourrait définitivement contribuer à crédibiliser la chaîne en tant que réelle télé d’État. L’arrivée d’un téléjournal à Télé-Québec dans un format créatif, avec une option numérique, qui ciblerait la mise en valeur des réalités régionales permettrait d’attirer un nouvel auditoire.  

Voici l’occasion pour la ministre de la Culture, Nathalie Roy, et le premier ministre, monsieur François Legault, d’ouvrir la porte à de grandes opportunités en culture et d’établir un virage numérique, moderne et audacieux.